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25 Février 2004, Lyon Infocité
Maître BISMUTH participe à la Table Ronde Lyon Infocité sur les Logiciels Libres
Maître Yves BISMUTHétait invité à cette conférence en tant que juriste dans le cadre de deux questions : Les logiciels libres dans les collectivités locales : où et pourquoi faire ? Les logiciels libres en entreprises : y aller ou non ?
L'objectif était avant tout de déterminer le cadre juridique applicable au logiciel libre afin de brosser un rapide tableau des risques quant à leur utilisation. Comme souvent le rôle du juriste fut ici de mettre en garde les acteurs économiques quant aux implications de choix technologiques dont ils ne voient bien souvent que les pendants financiers et fonctionnels !
Or, la conjoncture économique actuelle n'est pas à la croissance. Dans cette période d'assainissement des finances des sociétés, de réductions des coûts, conséquence une phase de surinvestissement, le logiciel libre apparaît comme une solution séduisante. Les professionnels présents étaient d'ailleurs là pour venter les mérites de ces programmes et non pour les décrier.
Tout d'abord parce que le logiciel libre est bien souvent d'un coût réduit en comparaison d'une solution commerciale. Son usage, son étude, sa modification, son amélioration, sa diffusion sont libres, c'est à dire qu'elle ne requière pas l'autorisation de l'auteur. Pour autant une activité commerciale peut se développer autour : les prestations de services, de maintenance, d'intégration, de formation, de documentation etc. peuvent faire l'objet d'une rémunération. Il faut donc bien traduire ” free software ” par logiciel libre et non par logiciel gratuit.
Ensuite le principe même du modèle open source veut que le code source soit transmis avec chaque copie du logiciel. L'objectif est que la création de chacun puisse être commentée, corrigée, améliorée par tous de façon transparente afin que les connaissances d'un membre de la communauté puisse bénéficier à tous. Ce mode de développement coopératif continu permet d'obtenir des produits alliant fiabilité, fonctionnalité, sécurité, évolutivité, pérennité.
D'un côté, tant d'avantages techniques, de l'autre le droit. Dès lors, la première et peut-être la seule des affirmations à apporter ici est que le logiciel libre n'existe pas ! D'un point de vue juridique il ne correspond pas à une qualification spécifique. Il s'agit d'un programme protégeables comme tous par le droit d'auteur sous condition d'originalité. Ce qui le singularise sans doute est le contrat qui lui est attaché puisqu'il prend le contre-pied du copyright et du droit d'auteur. Dans un monde de la propriété intellectuelle où tout est interdit sauf ce qui est autorisé, la licence open source vient nous dire : tout est autorisé sauf le fait d'interdire.
Aucune de ces qualifications ne convient réellement faisant des licences libres des ” objets de droit non identifiés ”. Du fait de la variété des licences libres et des modes de développement de ces logiciels, il est probable que leur nature juridique réelle variera au cas par cas, laissant l'utilisateur et le développeur dans une grande insécurité justifiée par un risque permanent de devenir ou de se découvrir contrefacteur. |
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